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Dans un monde qui évolue nous devons garder le cap autour de valeurs fortes. Notre objectif est de redonner du sens à l’engagement politique en mobilisant tous les talents sur une idée essentielle : Lire la suite

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Commerce International …

La révolution Internet … article co-rédigé dans LeMonde.fr par JC FROMANTIN et E. VAUCHEZ sur les mutations structurelles du commerce international.

Comprendre les leviers de la globalisation suppose un regard nouveau sur l’architecture du commerce international. L’immixtion croissante des micros entrepreneurs dans les échanges, la facilité d’accès à tous les niveaux d’information et l’émergence des places de marchés en ligne bouleversent en profondeur les mécanismes traditionnels. Les expertises liées à l’approche des marchés ne sont plus l’apanage, ni d’une communauté d’initiés issue des grandes entreprises, ni des commissionnaires ou des cabinets spécialisés ; ils sont dorénavant accessibles à tous via les bases de données, les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche. Ces évolutions sont stratégiques, à la fois pour les entreprises mais aussi pour la compétitivité des territoires ; en permettant à chacun d’être global, elles projettent des milliers de nouveaux acteurs dans la mondialisation. Elles mettent au coeur de la performance économique la créativité, l’innovation et l’anticipation ; elles lèvent petit à petit la plupart des obstacles qui faisaient hier la lourdeur du commerce international ; elles relativisent les approches macroéconomiques de la mondialisation – construites trop souvent sur des critères de compétitivité issues de la vielle économie – ; elles façonnent progressivement des futurs leviers de développement, ceux qui demain deviendront nos principaux vecteurs de croissance et d’emploi.

 

Le premier phénomène est sans doute le plus spectaculaire. Il offre la possibilité pour chaque individu, en quelques clics, de devenir  importateur ou exportateur. Si cela nous semble aujourd’hui évident, le constat n’en demeure pas moins révolutionnaire ; avec une facilité déconcertante, chacun peut positionner son offre sur WorldPress, démultiplier sa visibilité via Twitter, organiser son marketing sur Google et se faire payer via Paypal ; l’ensemble quasiment gratuitement. Ces outils, qui transforment potentiellement chaque Internaute en entrepreneur global, ont d’ores et déjà trois effets directs : ils ouvrent un immense espace de développement à tous ceux qui font preuve d’initiative et de créativité, ils déstabilisent les modèles économiques traditionnels en facilitant l’émergence de pure players dans tous les domaines, ils accélèrent la globalisation en abolissant les frontières et les périmètres réglementaires.

 

Le deuxième phénomène est l’accès à la connaissance. En permettant à tous les acteurs économiques d’accéder en temps réel aux mêmes informations, la réactivité devient un élément clé de la compétitivité. Toutes les citadelles de la connaissance sont ébranlées. Des barrières, hier infranchissables, comme la complexité réglementaire ne résistent plus à la nouvelle donne technologique. Des plates-formes spécialisées calculent automatiquement les droits de douanes, permettent de télécharger les formulaires et synchronisent toutes les opérations d’échanges avec les intermédiaires bancaires ou logistiques. En facilitant à ce point l’observation des marchés et la réalisation des transactions, les systèmes d’information démystifient en profondeur le commerce international. Les cycles courts de l’économie et le rythme des tendances de consommation stimulent également le rôle de l’information dans les processus de R&D. L’innovation est désormais un projet partagé ; sa dynamique est consubstantielle de la culture collaborative de l’Internet. Les projets des uns et la connaissance des autres se rencontrent sur des forums ou sur des sites spécialisés pour lancer en permanence de nouvelles offres. La capacité à mobiliser rapidement de l’intelligence et des idées devient un des premiers critères de performance.

 

Le troisième phénomène concerne la localisation des marchés. Selon les mêmes principes qui ont faits de nos villes ou de nos ports des espaces de rencontres entre acheteurs et vendeurs, des espaces virtuels voient le jour qui rassemblent d’ores et déjà – à l’instar du chinois Alibaba.com – des millions d’entreprises. Les technologies permettent d’agir efficacement sur les trois leviers qui fondent la reconnaissance d’une place de marché : la concentration des acteurs, la visibilité des produits et la confiance entre acheteurs et vendeurs. Grâce à la puissance des outils de référencement, à la qualité des images, aux fonctionnalités de mise en relation ou aux systèmes de notation, les places de marché en ligne répondent aux besoins des entreprises ; si on ajoute la suppression des intermédiaires et les faibles coûts de prospection qu’elles génèrent, on mesure leur attractivité et leur rôle stratégique, au cœur du processus de développement.

 

Tous ces phénomènes sont en mouvement ; nous sommes incapables d’imaginer l’impact qu’ils auront sur l’architecture de l’économie des années à venir. Car cette évolution remet en question trois principes bien établis dans le commerce mondial ; celui du prix comme principal levier de compétitivité, celui de la taille comme condition indispensable au statut d’exportateur, celui de la proximité comme étape essentielle du développement commercial. Le seul argument prix sera largement dépassé par une dynamique de créativité qui touchera progressivement toutes les sphères de l’économie, de la production à la consommation. Puisque l’anticipation et l’innovation ne seront plus une affaire que de moyens, la  taille de l’entreprise ne sera acceptable que si elle reste compatible avec la réactivité dont elle devra faire preuve dans son secteur. Le risque d’inertie sera au centre des problématiques de performance. Enfin la corrélation entre un territoire et un produit sera de plus en plus ténue ; les échanges s’organiseront progressivement sur des territoires virtuels.

Les enjeux sont phénoménaux ; ils touchent à la régénération de nos économies: Pour les entreprises il s’agit d’intégrer progressivement ces nouveaux critères de compétitivité et d’imaginer les leviers qui vont naître de l’Internet mobile et de la standardisation des modes de consommation. En permettant à chacun de saisir des tendances, d’exprimer sa créativité et de s’ouvrir au monde, on voit se dessiner les nouvelles dynamiques de la mondialisation”. Etienne Vauchez et Jean-Christophe Fromantin

 

 

Commentaires

Commentaire de Olivier Babeau
le 15 juin 2010, 17:20

En décryptant les vrais mécanismes de la mondialisation, cet article montre avec précision quels sont les nouveaux leviers par lesquels notre prospérité économique passera à l’avenir.
Au moment où notre tissu économique s’effiloche, la progression de nos exportations est plus que jamais le point nodal d’une croissance retrouvée (car elle permet rentrées fiscales, création d’emplois et rééquilibrage de notre balance commerciale). Le diagnostic des auteurs, deux professionnels de terrain en matière d’exportation, est qu’une fenêtre d’opportunité sans précédent s’ouvre à nos entreprises. Nos tares les plus lourdes (coût de la main-d’Å“uvre et rareté des entreprises de taille moyenne notamment) ne sont plus des obstacles à la réussite de nos exportations. La nouvelle compétence-clé est la réactivité et la capacité à créer des liens innovants. La qualité de nos formations nous permet sans aucun doute de développer ces nouvelles compétences mieux que les autres. Mais il faut pour cela que les responsables politiques comprennent ces nouveaux enjeux et accompagnent intelligemment la mutation de notre tissu d’entreprises exportatrices.
Cet article y contribuera à n’en pas douter !

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